Sur la magnifique avenue Royale, à L’Ange-Gardien, près de Québec, trône dans les terres, un peu en retrait du fleuve Saint-Laurent et à flanc de coteau, le Domaine L’Ange Gardien. Le seul vignoble de la Côte-de-Beaupré.

Fondé par quatre amis en 2004, il est aujourd’hui la propriété de Bruno Fortin, Jean-Luc Gariépy, André Lemay et Jean-Louis Crête.

Ce dernier, qui a fait ses classes au Vignoble Isle de Bacchus et au Vignoble Bourg-Royal – l’un des premiers vignobles de Québec, aujourd’hui fermé -, nous explique que le choix de l’emplacement du domaine a été longuement réfléchi avant d’y planter les premières vignes.

«Nous avons décidé d’implanter le vignoble ici, tout d’abord pour sa proximité avec le fleuve. Au printemps, comme il fait plus froid, les bourgeons débourrent moins vite, ce qui est moins risqué pour les gels printaniers. À l’automne, le fleuve conserve la chaleur emmagasinée pendant l’été, ce qui aide à étirer la saison végétative. L’hiver, le vent rediffuse la brume du fleuve qui protège les vignes du froid», explique le maître de chai.

«De plus, avec notre beau coteau exposé au sud, les vignes profitent du soleil toute la journée, ajoute Jean-Luc Gariépy. L’exposition au vent aide pour sa part à chasser les insectes, ce qui fait que nous n’avons pas besoin de mettre d’insecticides ou d’herbicides dans nos champs.»

Outre les aspects topographiques de cette terre, il y a la vue imprenable sur le fleuve et l’Île d’Orléans qui n’est pas à négliger. Les visiteurs sont d’ailleurs invités à emprunter le chemin qui se rend en haut de la pente pour l’admirer.

De la nouvelle terrasse située sur le côté de la bâtisse principale, qui abrite la boutique et la salle de réception, ce sont les vignes aménagées en biais qui découpent le paysage de la Côte-de-Beaupré que les visiteurs, un verre à la main, peuvent apprécier.

«Un vignoble, c’est un architecte du paysage», aime à rappeler Bruno Fortin.

Les amateurs d’œnotourisme peuvent également apprécier l’agrandissement et le nouveau revêtement de la grange d’époque, qui sert de cuverie. On y retrouve d’ailleurs de nouvelles et de rutilantes cuves en inox de l’entreprise La Garde, de la ville de Québec, réputée à l’international.

«Nous sommes un des rares vignobles au Québec à les utiliser. Elles ont une forme unique, cubique et rectangulaire, qui favorise le contact entre le marc et le moût, elles contiennent plus de liquide que des cuves cylindriques de hauteur et largeur comparable et prennent moins de place dans le chai », souligne Jean-Louis Crête.

Un vignoble en croissance

Ces nouvelles installations ont été réalisées pour accompagner la croissance de l’entreprise. Si, dans les dernières années, le vignoble vendait une partie de ses raisins à d’autres, aujourd’hui tous les fruits sont vinifiés au domaine. «C’est un vignoble avec beaucoup de potentiel», affirme Benoit Fortin.

Sur les sept hectares du domaine, on retrouve que des cépages hybrides : vandal-cliche, swenson, seyval blanc, frontenac blanc, radisson, sabrevois, marquette, maréchal foch et baltica.

Quelque 45 000 bouteilles de vin sont produites par année. Si on peut se les procurer à la boutique du vignoble où la conjointe de Bruno, Lyne Leclair, sera peut-être là pour vous proposer une petite dégustation, on peut maintenant mettre la main sur le Réserve Swenson à la SAQ.

«Avec la pénurie de main-d’œuvre, tous les actionnaires passent du temps en boutique. Ça nous permet d’être plus en contact avec les produits et les clients et d’être à l’affût des nouvelles tendances», confie Bruno Fortin en présentant son nouveau produit, un vin orange certifié IGP Vin du Québec.

Dans les champs, les propriétaires peuvent toutefois compter sur une équipe de fidèles de travailleurs 100% québécoise.

«C’est assez rare dans les vignobles québécois, souligne Jean-Louis Crête. Il y a beaucoup de gens plus âgés qui viennent travailler chez nous à leur retraite.»

La magnifique vue y est sûrement pour quelque chose!

Partager cet article

Catégories

Derniers articles

12 septembre je déguste un vin québécois