Les Vallons de Wadleigh : le vent de fraîcheur de la relève
Depuis 2008, le vignoble Les Vallons de Wadleigh fait le bonheur des habitants des environs d’Ulverton, le petit village de l’Estrie où le domaine de 4 hectares est situé. Sa terrasse attire également plusieurs gens de Drummondville ou de Sherbrooke qui font la route pour déguster leurs délicieux vins en admirant la magnifique vue, parfois même au son d’un chansonnier.
Avant d’abriter leur vignoble, la terre acquise par la famille Lacroix-Dagenais a accueilli un premier projet agricole : une bergerie. Michel Dagenais et Véronique Lacroix avaient le rêve de quitter la ville pour la campagne. Leur premier projet a duré quelques années avant de prendre une autre forme. Ils ont troqué les brebis pour les vignes!
«On voulait un projet un peu moins exigeant que de s’occuper d’animaux à l’année, raconte Véronique Lacroix. Mon mari a donc commencé le vignoble, avec un voisin, pour le fun.»
«Ils ont quand même planté 14 000 plants de vigne de frontenac et de marquette pour le fun!», rappelle en riant Léonie la fille du couple, qui est encore enfant quand ses parents transforment la grange habitant la bergerie, en chai, en boutique et en salle de dégustation. Ils accueillent les premiers visiteurs en 2012.

Léonie travaille pas mal tous les étés dans les champs pendant son adolescence. Et comme plusieurs jeunes adultes, elle va voir ailleurs si elle y est avant de revenir au bercail pour s’impliquer à 100% dans le vignoble.
«Je suis allée à Montréal faire mon bac en relations industrielles. Et c’est pendant la pandémie que mon désir de revenir dans le coin s’est fait ressentir, confie la jeune femme aujourd’hui âgée de 26 ans. J’ai réalisé que de travailler sur le vignoble c’est le mode de vie que je souhaitais : toucher à la terre, travailler dehors. C’est devenu une évidence : c’était ma place.»

Insuffler un vent de nouveautés
Ses parents, heureux d’avoir une relève, lui ont donc fait de la place dans leur projet de couple qui est devenu un réel projet familial.
«Léonie a vraiment amené un vent de fraîcheur au vignoble, assure sa mère. Elle nous a convaincus de revoir notre image de marque, de refaire nos étiquettes et elle a développé une nouvelle gamme de vins, Les éphémères, dans laquelle on retrouve des cuvées qui sont ses expérimentations. Ces changements ont contribué à attirer une nouvelle clientèle. C’est elle qui est arrivée avec l’idée de produire un vin orange. Le produit qui a connu un énorme succès et pas qu’auprès des jeunes, à ma grande surprise!»
Léonie est maintenant la responsable du champ et du chai. Sa mère s’occupe encore de la gestion de l’offre agrotouristique et du marketing, alors que son père est responsable de l’administration. Ses parents sont bien sûr toujours là pour mettre la main à la pâte, que ça soit pendant les vendanges ou les embouteillages.

Pour parfaire ses connaissances, Léonie a passé beaucoup de temps dans les champs avec une famille de vignerons bourguignons qui a travaillé pour l’entreprise. Elle est également bien entourée d’œnologues qui l’aident au chai. Cela dit, elle a amené beaucoup d’elle dans les cuvées des Vallons de Wadleigh.
«Quand j’ai commencé à m’impliquer au vignoble, on ne faisait que les quatre mêmes vins. Mais j’avais le désir de créer des produits qui me ressemblent plus. Je suis une amatrice de vins nature donc j’ai décidé de développer plus cette approche ici. Dans les champs, par exemple, on pratique une agriculture comme si on était bio, on travaille mieux avec la terre.»

Dans les produits développés par Léonie, on retrouve entre autres un nouveau vin mousseux élaboré selon la méthode traditionnelle à partir de frontenac blanc, élevé sur lies pendant 18 mois, sans dosage, brut et nature.
«Tout ce qu’elle a essayé, ça a marché», affirme Véronique, bien fière de sa fille.
Mais c’est Michel, le père de Léonie et le conjoint de Véronique qui a eu l’idée, il y a quelques années, de planter 1000 vignes de riesling, dont la première cuvée sortira cette année.
«J’ai toujours été team hybrides, car je trouve qu’ils reflètent bien notre terroir, mais le riesling [ndla: un cépage vinifera] ç’a été une révélation! On a une très belle récolte et je suis curieuse de voir la suite des choses avec ce cépage», confie celle qui travaille essentiellement avec des cépages de frontenac blanc, gris et noir, de marquette, d’acadie, de vidal et de saint-pépin.
Aujourd’hui, le vignoble Les Vallons de Wadleigh est ouvert au public environ 6 mois par année. Sur les 20 000 bouteilles produites annuellement, la moitié environ sont écoulées au vignoble et l’autre moitié dans des épiceries fines, les boutiques spécialisées et dans les SAQ.




