Le vignoble Coteau St-Paul : une histoire de passion

Nicolas Pomerleau a toujours voulu vivre de la terre – à 12 ans, il travaillait déjà sur une ferme équine de chevaux et de bœufs. Aujourd’hui, il est propriétaire de du vignoble Coteau St-Paul, qu’il a racheté en 2018 avec sa famille.

Diplômé de l’Institut de technologies agricoles (ITA) de Saint-Hyacinthe, Nicolas Pomerleau s’est d’abord intéressé au volet horticole, avant de se spécialiser en agroéconomie à l’Université Laval. Durant toute la durée de ses études, le jeune homme passait ses étés et ses fins de semaine à travailler au vignoble Coteau Saint-Paul, à Saint-Paul-d’Abbotsford, qui appartenait à l’époque à Jean-Guy Gosselin. Rapidement, il est tombé amoureux de l’endroit : après une dizaine d’années, le propriétaire lui a fait part de ses projets de retraite et lui a proposé de reprendre l’entreprise.

 « J’avais 25 ans et pas beaucoup de sous de côté… J’avais mes meubles d’appartement, mon char, pis mes culottes, lance Nicolas à la blague. J’avais quand même de très bonnes bases en agriculture et en gestion d’entreprise agricole, donc j’ai demandé à mes parents, qui étaient alors fraîchement retraités, si ça leur tentait d’embarquer. » Sans trop d’hésitation, la famille Pomerleau est entrée en négociation et a finalement acheté le vignoble.

« On a tout changé : quand on a racheté, c’était principalement un verger, explique l’entrepreneur. « Aujourd’hui, on a une proportion d’environ 70 % de vignes pour 30 % de pommiers. » M. Gosselin avait entamé le projet de vignoble et planté quelque 15 000 vignes, que les nouveaux propriétaires ont fait croître jusqu’à 20 000.

Nicolas a plusieurs chapeaux en tant que copropriétaire, mais s’occupe principalement de la gestion administrative et de la production. Il est entouré d’une petite équipe à laquelle il peut déléguer certaines responsabilités. Bien que ses parents aient toujours des parts, sa mère profite désormais d’une retraite bien méritée sur une propriété familiale dans les Cantons-de-l’Est. Son père Normand, quant à lui, vient toujours l’aider une journée par semaine et conserve une main avenante sur le gouvernail de l’entreprise.

Nouveau visage

« Nos premières vendanges, ça a été la cuvée 2016 », se rappelle le vigneron. Deux ans plus tard, en 2018, le vignoble Coteau St-Paul refait peau neuve avec une refonte complète de son image de marque. « J’ai travaillé avec Mathieu Chartrand, un illustrateur et tatoueur, pour refaire toutes les étiquettes de nos bouteilles. » En plus du vin et du cidre de glace, qui était déjà produit par l’ancien propriétaire, les Pomerleau ont décidé de créer de nouveaux breuvages, comme des cidres aromatisés prêts-a-boire. Ils cultivent 11 cépages hybrides de cuve et 15 variétés de raisins de table.

Il y a cinq ans, un virage biologique s’est opéré, autant dans les champs que dans la cuverie. « En 2020, on a arrêté de mettre des produits de synthèse, dit Nicolas. Insecticides, fongicides et vraiment tout ce qui est dans le cahier de charges biologique. » Celui qui est aussi père de trois jeunes enfants souhaite les voir grandir sur un terrain propre. « Je ne veux pas dire à mes enfants : “tu ne peux pas aller jouer dehors, parce que papa a mis du poison. On fait des raisins et des pommes qui se mangent, mais on met du poison dessus? Ce serait un non-sens. »

La richesse du terroir

C’est aussi pour préserver le territoire que Nicolas souhaitait instaurer une politique bio au vignoble, qui se trouve sur le flanc sud du mont Yamaska, un « bastion de la biodiversité », selon lui. « C’est une belle forêt d’arbres matures. Il y a des tonnes d’oiseaux, d’insectes, et même des sortes de libellules qu’on ne trouve nulle part ailleurs au Québec! »

Le terroir est d’ailleurs très propice à la culture vinicole, avec un type de sol limoneux et graveleux – dû à l’ancienne présence de la mer de Champlain – ainsi qu’à des courants d’air chaud qui viennent assécher les vignes et éviter l’humidité excessive.

Nicolas souligne que le vignoble est en constante évolution et que d’autres projets sont à venir, dont le développement de l’offre agrotouristique. Tout de même, il est déjà possible d’aller y faire l’autocueillette de pommes et de raisins ainsi que de prendre un verre au petit bar à vin de l’endroit. Vous pouvez aussi amener votre pique-nique, acheter une bouteille à la boutique et déguster le tout sur le charmant belvédère que les Pomerleau ont érigé sur leur terrain. « On a toute la vue sur les monts Bromont, Orford, Sutton au loin et la plaine agricole », lance Nicolas.

La majorité des produits se trouve dans le réseau des épiceries et des cavistes, alors que quelques-uns des produits du vignoble Coteau St-Paul se retrouvent dans les SAQ. Certains produits plus nichés, comme la mistelle de pomme de glace, sont uniquement disponible à leur boutique de Saint-Paul-d’Abbotsford.

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