Le terroir unique du Vignoble Côte de Champlain
Ce qui confère son unicité au vignoble Côte de Champlain, c’est qu’il surplombe des millions de coquillages fossilisés datant de l’époque de la mer de Champlain, qui recouvrait les vallées d’Ottawa et du Saint-Laurent il y a plus de 10 000 ans. Cette particularité du sol est non seulement avantageuse pour la culture des vignes, mais apporte aussi une richesse toute spéciale aux vins.
L’histoire du vignoble Côte de Champlain, c’est aussi celle de Christian Dubois, le propriétaire et fondateur. « J’ai toujours été passionné par la transformation, le côté fermentaire des produits et des fruits », raconte-t-il. À la fin des années 90, le vigneron possède un petit lopin de terre, mais il se rend compte rapidement que la culture vinicole requiert des conditions idéales. Il se lance donc à la recherche d’un lieu parfait pour l’implantation d’un vignoble, un processus qui durera quelques années.

« Je cherchais un terrain avec un bon dégagement d’air et une bonne inclinaison de chaleur, donc j’ai placé des thermomètres à différents endroits que je trouvais propices pour la vigne, en espérant qu’un jour, ça puisse être à vendre. » Son vœu a été exaucé, puisque comme par hasard, le terrain qu’il avait repéré comme étant le plus propice, à Saint-Théodore-d’Acton, a été mis en vente peu de temps après. En à peine deux semaines, Christian en fait l’acquisition. Il s’agissait à l’époque d’une ancienne ferme.
Trésor de coquillages
On est en 2007 lorsque le nouveau propriétaire commence à planter ses premières vignes : « Quand j’ai fait mes excavations pour l’implantation du vignoble, j’ai trouvé des coquillages. Il y avait plus de coquillages que de terre! » Après investigation, il réalise que les principaux spécimens étaient de l’espèce Hiatella arctica.
« Il y a 25 000 ans environ, il y avait des glaciers d’environ deux kilomètres de haut en Amérique du Nord, pendant la période glaciaire », explique Christian. Son vignoble, quant à lui, se trouve à 138 kilomètres d’altitude, sur le contrefort des Appalaches. « Quand les glaciers ont fondu, ça a créé la mer de Champlain, qui fait le terroir particulier du Québec. » Le mordu de vin devient alors malgré lui un mordu d’archéologie. Jusqu’à présent, il a trouvé trois strates avec plusieurs spécimens de Hiatella arctica sur son vignoble.

L’été dernier, la saga des coquillages a pris un nouveau tournant, alors qu’un chercheur d’Ottawa a acheté une bouteille de Côte de Champlain, intrigué par l’illustration de coquillage présente sur l’étiquette. En effet, plusieurs des vins de l’entreprise sont nommés Coquillages (rouge, orange, rosé et blanc). « Ça n’a pas été très long, ils se sont ramassés chez nous, relate le vigneron. Il a vraiment été captivé et ébahi par la quantité de coquillages intacts qui se trouvaient sur mon terrain. » Les communications entre les universitaires et Christian ont débouché sur l’idée d’un projet de fouilles archéologiques qui pourraient peut-être se dérouler en 2025.
L’influence sur les cuvées
Le type de sol apporte « une belle minéralité aux vins », selon l’entrepreneur. L’impact se ressent aussi au niveau de la culture des vignes : « En ayant un terroir bien drainé comme ça – parce qu’il ne faut pas oublier que le terroir est principalement constitué de coquillages et de gravelles – ça veut dire que, même s’il y a des averses incroyables, je suis capable de rentrer dans le champ avec le tracteur directement. Les vignes sont capables d’aller chercher tous les éléments dont elles ont besoin pour faire de bons vins. »
Cette particularité est très appréciée dans un contexte de changements climatiques, qui rendent les conditions météorologiques très imprévisibles pour les agriculteurs du Québec.

Christian, qui travaille avec sa conjointe, son fils et sa fille, mentionne l’importance pour eux de faire une fermentation complète des vins. « Pour les blancs, on aime qu’ils soient gourmands, aromatiques et fruités, décrit-il. Pour les rosés, on aime avoir des vins qui sont vraiment sur les fruits, sur la fraîcheur, avec pas trop d’alcool non plus. Et pour les rouges, on essaie de trouver un équilibre avec les cépages qu’on a présentement. » Leurs cépages, justement, sont un mélange d’hybrides et de vinifieras : ils cultivent entre autres Vidal, Pinot Noir, Serval, Frontenac, Petite Perle et Marquette.
Les vins de Côte de Champlain, tous certifiés IGP, sont disponibles à la SAQ et à la boutique du vignoble.





