Charles-Henri De Coussergues

Copropriétaire du Vignoble de l’Orpailleur | Dunham

Le commencement

Au début des années 80, l’industrie vitivinicole française a connu quelques difficultés. C’est ce qui a poussé plusieurs vignerons, jeunes et moins jeunes, désireux de poursuivre leur passion du vin à migrer vers d’autres continents.

Nombreux sont ceux qui ont décidé de s’établir aux États-Unis mais, très peu de vignerons choisissent le Québec! L’absence de vignobles au Québec et surtout, le froid de nos hivers semble décourager les producteurs plutôt habitués à des températures beaucoup plus clémentes.

 

Charles-Henri De Coussergues

Heureusement, un fils de vigneron français, Hervé Durand est déterminé à implanter un vignoble sur les terres de notre belle province. Il entreprit alors une étude des sols en prenant en compte le nombre de jours entre le dernier gel printanier et le premier gel automnal. Il arrêta son choix sur une terre à Dunham, en Estrie. Hervé Durand s’est lancé dans ce projet bien ambitieux pour l’époque avec Pierre Rodrigue, Frank Furtado et, … Charles-Henri de Coussergues. Ce dernier, aussi fils de vigneron du sud de la France, pensait qu’il viendrait simplement aider son ami à lancer le vignoble. Les premières vignes sont plantées en 1982 et la toute première bouteille vin de L’Orpailleur est vendue en 1985.

Ce n’était que le début!

 

Créativité et persévérance

Les premières années exigent une grande créativité! Il faut redoubler d’efforts pour adapter les outils de travail aux besoins de l’ouvrage. Au Québec, l’industrie de la viticulture en était à ses balbutiements et il était plus difficile de dénicher la machinerie et les instruments de travail nécessaires. Mais surtout, il fallait beaucoup de créativité pour protéger les vignes des grands froids hivernaux. Ils ont alors trouvé une solution pour maintenir leurs vignes pendant l’hiver : les recouvrir de terre, ce qui assure une bonne protection (méthode de protection encore utilisée chez certains vignobles). Ce n’est que des années plus tard que les toiles géotextiles seront développées. Créer un vin de qualité demandait alors beaucoup de motivation et de persévérance!

Après avoir produit leur premier vin en 1985, il fallait le vendre et trouver des moyens pour rentabiliser le vignoble. Mais comment? Sachez qu’en 1985, les vins québécois n’étaient pas encore vendus à la SAQ! Heureusement, Charles-Henri a eu l’idée d’ouvrir le vignoble au grand public. L’objectif était bien sûr de vendre les bouteilles de vin mais Charles-Henri avait aussi une autre idée en tête : il voulait informer et éduquer la population sur les vins du Québec. Un leader de l’industrie était né.

Charles-Henri ne se doutait pas que sa mission allait le définir tout au long de sa carrière et surtout, que son enseignement allait avoir des retombées si importantes et exceptionnelles pour notre belle province.

 

Sa contribution à l’essor de l’industrie

Toute personne côtoyant l’univers du vin québécois reconnaît la bonté et la grande générosité de cet homme. Sa bienveillance et son sens du partage ont permis à de très nombreux vignerons du Québec de grandir et de se développer. Il est ce qu’on pourrait appeler le « parrain » des vignerons du Québec!

Charles-Henri de Coussergues est au cœur de nombreux projets majeurs qui font avancer le secteur des vins du Québec. Si souvent impliqué dans les projets de la viticulture, il amène toujours plus loin l’industrie. Son approche de travail est aussi très appréciée, il facilite la collaboration, favorise l’esprit d’équipe et avant tout, s’assure de toujours considérer et respecter l’humain.

Charles-Henri a été membre fondateur de l’Association des Vignerons du Québec (renommé le Conseil des vins du Québec en 2018), dont il a assumé la présidence de 2008 à 2016 et où il siège toujours activement en étant présent sur le conseil d’administration. Il est aussi Vice-président du Conseil des vins d’appellations du Québec (CVAQ); qui gère et encadre les vins d’appellation IGP Vin du Québec et Vin de glace. Il est également Président de l’Association de l’Agrotourisme et du Tourisme Gourmand, qui favorise le développement et l’amélioration de la qualité de l’offre touristique.

 

Saviez-vous que c’est Gilles Vigneault, l’auteur, compositeur et interprète québécois, qui a trouvé le nom du vignoble L’Orpailleur?

En 1982, les fondateurs devaient trouver un nom. Ils voulaient un nom qui allait les représenter et qui leur permettrait de s’ancrer dans le terroir. C’est l’un des fondateurs, Frank Furtado proche de Gilles Vigneault, qui, lors d’une soirée lui raconta son projet, lui expliquant qu’ils cherchaient un nom pour le vignoble. Quelques mois après, avec surprise, Gilles Vigneault rappela son ami et lui proposa le nom « l’Orpailleur ». 

Dans les cantons de l’est, il y eut des orpailleurs, des hommes qui cherchaient des paillettes d’or dans le fond des rivières. Il y avait beaucoup de liens à faire entre les orpailleurs et nos 4 vignerons… dont la patience! Il écrit un poème :

« L’Orpailleur, c’est celui qui lave les alluvions aurifères pour en extraire, par temps, science et patience, les paillettes d’or qui s’y trouvent. C’est ainsi que pour la première fois au Québec, des viticulteurs ont mis science, patience et le temps qu’il fallait pour extraire de la terre québécoise un vin sec, unique en tous points, depuis un cépage ici planté et récolté, et son raisin vinifié au vignoble dans la meilleure tradition. »

Gilles Vigneault, 1982

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